BFM Côte d'Azur

Infrastructures usées et verdure cachée: trois ans après, la déception dans le quartier du Ray à Nice

BFM Côte d’Azur Kelly Vargin avec Juliette Moreau Alvarez
placeholder video
Téléchargez la nouvelle application BFM
Trois ans après la livraison des dix bâtiments, les résidents de l'éco-quartier du Ray à Nice sont déçus de la prestation.

Des façades entièrement végétalisées, des espaces dominés par la nature, de grands équipements sportifs... Ce qui devait être l'un des plus grands éco-quartiers de France est devenu une énorme déception pour les Niçois. Dans le quartier du Ray, trois ans après la construction des immeubles, les murs sont toujours en béton brut et sans une once de vert.

Les jardinières sont bien présentes sur les façades, mais les quelques plantes y font grise mine. Quelques palmiers ont grandi aux abords des rues, mais eux aussi ont souffert de la sécheresse.

Des "cages à poules"

Pour les habitants, la promesse d'un îlot de verdure n'a pas été tenue, mais remplacée par des "cages à poules" où le béton règne en maître. "Il n'y a pas assez de verdure, et le bois demande à être revisité parce qu'il se détache de la paroi de béton", décrit Élisabeth, habitante du quartier.

Les dix bâtiments formant ce quartier écologique ont du mal à s'intégrer au paysage, et les résidents ne sont pas très optimistes pour la suite. "Je ne sais pas si dans le futur on aura beaucoup de verdure", continue Élisabeth.

Nicolas, résident du Ray depuis août 2021, possède un appartement de 80m2 au 6e étage qui donne sur les jardinières de l'immeuble d'en face. Il a acquis son logement avec une grande terrasse et une place de parking à 700.000 euros.

Aujourd'hui, il est déçu par la prestation: "Les structures en bois ne sont pas de la meilleure qualité et ça vieillit assez mal". À peine le Niçois touche l'un des poteaux en bois de sa terrasse, que celui-ci bringuebale sans effort.

"Celui-ci carrément il va se détacher là. Pour l'instant il n'y a pas de végétation là-dessus, mais quand il y aura de la végétation dans quelques années, dit-il d'un ton prudent en levant les bras, est-ce que ça va supporter tout ça?"

Si les habitants attendent que les plantes s'emparent des lieux, ils pointent donc déjà du doigt certaines infrastructures qui se sont usées en un temps record, une grande source d'inquiétude.

"Il faut de la patience"

En y regardant de plus près, cette verdure existe, mais à l'intérieur de la copropriété, où les plantes ont tout simplement mieux supporté la chaleur. Sur les toits aussi, une association a pris les choses en main et a développé son propre potager grâce aux jardinières installées.

"Là, on a récolté le chou samedi", montre Sandrine Maestroni, présidente de l'association de quartier GRAINN. Si certaines façades du quartier font la moue, les associations restent ravies du projet.

"C'est un concept génialissime, mais je pense qu'il faut de la patience. Avoir cette végétalisation, avoir Dame nature en ville, avoir ce compromis en tenant compte du cadre de vie et du bien-être des gens... plus on vivra bien et plus on répondra à la transition écologique."

Dans le court terme, les propriétaires ont peur désormais de voir leurs charges exploser cet été, car Vinci Immobilier ne sera plus engagé dans le financement des espaces verts.