Golfe Juan: le projet de ferme aquacole d'Aquafrais contesté

Une ferme aquacole de 24.000 m2 au large de Golfe Juan, c'est le projet d'Aquafrais. D'ici deux ans, cette société cannoise, qui compte déjà quatre fermes aquacoles sur la Côte d'Azur, espère agrandir et rénover cette installation. Un chantier qui met en colère les pêcheurs et plaisanciers locaux qui demandent l'abandon du projet titanesque.
À commencer par Cédric. Ce pécheur cannois est autorisé à déployer ses filets dans ces eaux, à moins de dix kilomètres de la côte. Mais ce nouveau projet viendrait compliquer ses activités.
"Aujourd'hui, ils voudraient tout rassembler sur la même zone, rapporte Cédric au micro de BFM Côte d'Azur. Ce qui fait que cela nous délocaliserait tout le poisson qui resterait en dessous. Et ne ne sortirait plus. C'est un drame."
En effet, la société Aquafrais prévoit de créer une grande ferme d'élevage de loups et dorades entre Golfe Juan et Cannes. Sa superficie correspondrait à trois terrains de football en surface, quinze sous la mer.
"Il faut savoir que plus rien ne pousse sous chacune des concessions, rapportait en avril, Patrick Wolf, pêcheur et membre de la prud'homie des pêcheurs de Golfe Juan au micro de BFM Nice Côte d'Azur. C'est un désert."
La prud'homie de Cannes appelle d'ailleurs la préfecture maritime de la méditerranée à agir au plus vite. "Il faut qu'ils soient avec nous, rapporte André Alain, premier de la Prud'homie de Cannes. Là, on va mourir."
Aquaculture, grande plaisance et pêcheurs, le partage de la mer se complique dans les eaux de Golfe Juan. Le président du club nautique, Jean-Marie Deruelle, craint même que cet espace ne devienne dangereux voire accidentogène.
La ferme aquacole se situe sur l'axe qui mène directement à Cannes par la mer: "C'est la ligne directe, insiste le président du club nautique. Si c'est mal signalé, on va avoir un accident. On a déjà eu un accident même."
Autre sujet d'inquiétude: l'impact écologique du projet. "Les déjections de poissons s'entassent sur les fonds marins, glissent avec les courants et vont bien au-delà de la ferme", affirme Jean-Marie Deruelle.
Une production de poissons annuelle doublée
Faux rétorque le directeur d'Aquafrais, Jérome Hémar qui assure avoir déjà réduit la densité des poissons produits et ne pas avoir d'impact sur l'environnement.
"On fait un bon produit et on est convaincu de le faire proprement. On fait de façon trimestrielle des analyses d’eau. On va prélever de l’eau au mileu de nos installations et la totalité de nos résultats sont excellents au terme de la directive sur l’eau européenne", rapporte le directeur.
La direction avance un dernier argument pour convaincre les plus récalcitrants: ce projet permettrait de libérer les deux fermes aquacoles d'Antibes et Théoule-sur-Mer, en plus de pouvoir servir à la petite plaisance. Et permettrait la création d'une trentaine d'emplois.
Insuffisant pour les pêcheurs professionnels. Les Prud'homies des pêcheurs d'Antibes, Golfe Juan et Cannes ont même monté une pétition au message clair: "La baie de Golfe Juan en danger !!!".
Dans cette pétition, les prud'homies locales précisent être opposées, non pas à l'aquaculture, mais à la démesure du projet. En effet, la production de poissons passerait de 570 tonnes annuelles à 1200.
Les pêcheurs en colères ont déjà récolté 1000 signatures et reçu le soutien de certains élus locaux.













