Cannes: pourquoi la mosquée Al Madina Al Mounawara reste finalement ouverte

La mosquée Al Madina Al Mounawara à Cannes. - Valery HACHE/AFP
La fin d'un feuilleton qui a duré plusieurs mois. Le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin est revenu ce lundi matin sur RTL, sur les raisons du renoncement à la fermeture administrative de la mosquée Al Madina Al Mounawara de Cannes. Il a mis en avant une réponse partielle aux demandes de Beauvau.
"Avec le maire de Cannes, on a tiré la conclusion qu'ils avaient en partie changé ce que nous leur demandions de changer", a justifié Gérald Darmanin.
"Lorsque nous avons des difficultés, si (les personnes visées, ndlr) répondent positivement et qu'(elles) changent des comportements, alors évidemment nous gardons les lieux de culte ouverts", a-t-il expliqué.
L'établissement était visé depuis le mois de janvier dernier par une procédure de fermeture administrative, soutenue par le maire de Cannes David Lisnard en raison de "propos haineux envers la France".
Une procédure de "contradictoire" concluante
Le ministre précise qu'un "contradictoire" a été ouvert, procédure permettant à toutes les parties mises en cause, et notamment aux responsables de la mosquée, d'être entendues et de répondre aux accusations qui les visent.
"Ils ont répondu et ils ont changé un certain nombre de choses, ils se sont séparés de personnes, ils ont démontré que l'une des informations n'était pas vraie", a-t-il détaillé, indiquant que "des responsables de l'organisme religieux" ont été remplacés de façon satisfaisante.
La préfecture avait indiqué qu'un nouvel imam avait remplacé celui parti à la retraite et lui avait transmis des informations dans le cadre de la procédure contradictoire. L'association gestionnaire de la mosquée a également "montré qu'elle avait totalement coupé les ponts avec le précédent recteur et repris la gestion de la page Facebook de la mosquée".
Une mosquée fermée à Bordeaux
En revanche, Gérald Darmanin a précisé que la mosquée Al Farouk de Pessac, en Gironde, accusée de promouvoir "un islam radical" et de véhiculer "une idéologie salafiste" et qui était elle aussi visée par une menace de fermeture n'avait pas satisfait aux demandes du ministère. Elle sera en conséquence fermée administrativement pour au moins six mois, renouvelables, comme l'exige la loi.
Le 12 janvier dernier, le ministre de l'Intérieur avait annoncé la fermeture d'une mosquée à Cannes pour des propos antisémites, homophobes et en raison de son soutien au Collectif contre l'islamophobie en France (CCIF) et à l'ONG Baraka City, des associations "islamistes" selon Gérald Darmanin et aujourd'hui dissoutes.
Le nouvel imam de la mosquée de Cannes Ahmed Guessoum avait, dès le 12 janvier, jugé cette fermeture programmée "injuste et injustifiée".













