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Attentat de la basilique de Nice: le procès en appel de Brahim Aouissaoui aura lieu en décembre 2026

BFM Côte d’Azur Valentine Brevet, avec Juliette Moreau Alvarez
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Après avoir été condamné à la réclusion criminelle à perpétuité incompressible sans remise de peine, Brahim Aouissaoui a fait appel. L'assaillant de l'attentat de la basilique de Nice en 2020 passera devant la justice en décembre 2026.

Un nouveau procès pour Brahim Aouissaoui. En février, l'homme reconnu coupable de l'attentat de la basilique de Nice en 2020 a fait appel de la décision de la cour d'assises. Les dates de son procès en appel sont désormais connues: il se représentera devant la justice du 7 au 18 décembre 2026.

L'assaillant terroriste avait été condamné à la réclusion criminelle à perpétuité incompressible sans remise de peine, soit la peine la plus lourde du code pénal. Une décision historique: c'était la neuvième fois que la justice française prononçait cette peine depuis sa création.

"Une peine de mort sociale"

Début mars, l'avocat de Brahim Aouissaoui avait expliqué sur BFM Nice Côte d'Azur que faire appel était un "principe de survie", face à une peine aussi lourde et "qui ne vous laisse aucune perspective.

"Ne pas faire appel, ça aurait été accepter de se laisser enterrer vivant en réalité. Faire appel, c'était la seule possibilité qui lui restait d'exister encore finalement", a assuré Me Martin Méchin sur notre antenne.

"La question est juste de se dire 'je ne peux pas accepter psychiquement, psychologiquement de ne rien faire alors que j'ai été condamné quasiment à une sorte de peine de mort sociale'."

Car pour lui, cette peine historique est avant tout la fin de l'existence de son client au sein de la société française. "C'est une peine de mort qui ne dit pas son nom, c'est-à-dire à rester enfermer dans des conditions d'isolement extrêmement strictes pendant toute ma vie."

Me Martin Méchin avait fait appel quelques jours après la décision de justice, à la demande de Brahim Aouissaoui.

Une "souffrance supplémentaire" pour les parties civiles

Le Tunisien, aujourd'hui âgé de 26 ans, avait tout d'abord plaidé l'amnésie lors de son procès très médiatisé. Finalement, au bout de plusieurs jours de procès, il s'est justifié d'un acte de vengeance contre l'Occident qui "tue aveuglement des musulmans".

Il a également expliqué ne pas avoir prémédité son passage à l'acte, et que ces cibles avaient été choisies au hasard. Le 29 octobre 2020, il attaque au couteau trois personnes, alors présentes au sein de la basilique Notre-Dame-de-l'Assomption.

Il tue deux fidèles: Nadine Devillers, 60 ans et Simone Barreto Silva, 44 ans, ainsi que le sacristain Vincent Loquès. Des actes jugés barbares par la cour en première instance. Il a notamment profondément égorgé la première victime avec l'intention de décapiter.

La cour d'assises a par ailleurs mis en garde, en justifiant sa décision de justice, la dangerosité de Brahim Aouissaoui et le risque élevé de récidive en raison de son maintien dans une posture idéologique rigide.

Du côté des familles des victimes, cet appel est difficile à vivre. Me Philippe Soussi, l'un des avocats des parties civiles, estime qu'il constitue une "souffrance supplémentaire" pour les familles, un frein à leur reconstruction.