Attentat de la basilique de Nice: la réclusion criminelle à perpétuité requise

Lors du dernier jour du procès de l’attentat de la basilique Notre-Dame de Nice, le ministère public a requis la peine maximale contre l’accusé, Brahim Aouissaoui, ce mercredi 26 février à la cour d'assises spéciale de Paris.
L'avocate générale a ainsi requis la réclusion criminelle à perpétuité assortie d’une période de sûreté incompressible, soit une perpétuité réelle. "On ne requiert jamais cette peine avec facilité. Mais nous n’avons trouvé aucun élément permettant de ne pas la demander."
"Il continuera de nous faire peur"
Le ministère public a insisté sur la dangerosité persistante de Brahim Aouissaoui: "Il continue de nous faire peur depuis son box, il continuera son djihad." Son comportement en détention, où des menaces, fabrication d'armes artisanales et injures répétées, a été pointé du doigt.
L'homme est accusé d'avoir assassiné, le 29 octobre 2020, la paroissienne Nadine Devillers, 60 ans, le sacristain Vincent Loquès, 54 ans, et la mère de famille Simone Barreto Silva, 44 ans, avec un couteau de cuisine.
"Le temps n’efface pas les morts"
La première avocate générale a ouvert les réquisitions en rappelant la longueur de la procédure: "Quatre ans et demi entre l’attentat et le procès, trois semaines d’audiences nécessaires pour essayer de comprendre cet acte mortifère dans un lieu sacré." Elle a insisté sur l’importance du temps en justice, garant du respect des droits, à l’opposé du djihadisme.
Évoquant les témoignages poignants des victimes, elle a souligné: "Le temps n’efface pas les morts, il n’efface pas les nuits sans sommeil et les angoisses permanentes, il n’efface pas les plaies des survivants".
Revenant sur les moments marquants du procès, elle a cité le cri d’un fils ayant perdu sa mère, les pleurs d’un ami, le silence d’une policière confrontée à l’horreur, ou encore le discours d’un prêtre dont la foi demeure intacte.
L’avocate générale a souligné la préméditation: "Ce n’est pas un coup de sang ni une folie meurtrière." Elle a rappelé que l’attentat s’était produit 13 jours après l’assassinat de Samuel Paty et insisté sur la dimension symbolique: "La décapitation vise à faire peur, c’est ça la définition du terrorisme."













