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Aéroport de Nice, Cap 3000: un rapport alerte sur les risques d'inondation

BFM Côte d’Azur Gaël Camba et Solenne Bertrand
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Un rapport de la Chambre régionale des comptes pointe les risques d'inondations sous-estimés pour le centre commercial Cap 3.000 et de l'aéroport de Nice.

64,5% d'artificialisation dans les communes de la Côte d'Azur. C'est le chiffre, le plus élevé de tout le littoral méditerranéen et qui n'est pas sans conséquence sur les risques d'inondation. Un rapport de la Chambre régionale des comptes, sur l'aménagement du littoral méditerranéen alerte sur la situation du centre commercial Cap 3.000 et l'extension de l'aéroport Nice-Côte d'Azur.

"Sur le littoral sur-urbanisé et soumis aux événements tempétueux de la métropole de Nice Côte d’Azur, les documents d’urbanisme successifs intéressant la commune de Saint-Laurent-du-Var (...) ont organisé l’extension du centre commercial Cap 3000 de quelque 26.000m² supplémentaires malgré sa position à la conjonction de risques venus d’un fleuve torrentiel (le Var) et de la mer", pointe le rapport.

"[Des] sites stratégiques de l'État sont concernés, tels que l'aéroport de Nice dont les pistes seraient ennoyées dans le cas d'une montée des eaux d'un mètre", l'un des scénarios du Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC) pour 2100, met également en garde le document.

Et d'alerter: "Les pressions sur la bande côtière ne faiblissent pas, y compris dans les zones exposées où l’arrêt de la densification, voire le repli, devraient être anticipés. Elles exposent davantage de personnes et de biens aux risques et, en matière de mesures de protection, complexifient encore la réponse en cas de catastrophe".

"Tout a été anticipé"

Face à ces risques, la direction de l'aéroport de Nice dit être prête.

"Aujourd'hui, nous avons des digues, tout a été anticipé", rassure Aymeric Staub, directeur de la communication des aéroports de la Côte d'Azur.

Ce dernier explique que les digues sont entretenues et peuvent supporter "un tel niveau de montée de la mer".

"Le seul risque, c'est qu'il y ait davantage d'épisode, qu'on appelle des coups de mer. C'est-à-dire, des vagues qui viennent sur nos digues et qui projettent, sur la piste sud, celle qui est la plus proche de la mer, des débris, des morceaux de bois, des pierres", indique-t-il.

Il complète: "À ce moment-là, bien évidemment, on a du personnel formé, on a des engins techniques dédiés, des procédures adaptées. On ferme la piste, on la nettoie".

Sollicité par BFM Nice Côte d'Azur, le centre commercial n'a pas souhaité répondre aux questions de la rédaction.

Le coût élevé des inondations dans les Alpes-Maritimes

Le rapport évoque aussi le coût très élevé des inondations dans le département des Alpes-Maritimes.

"Le rapport montre des chiffres hallucinants", relève Juliette Chesnel-Le Roux, cheffe de file de l'opposition écologiste à la ville de Nice.

"Chaque année, depuis 1989 jusqu'à 2019, les coûts de la sinistralité des inondations, c'est-à-dire combien ça nous coûte d'être inondés, c'est 55 millions d'euros par an, dans le département des Alpes-Maritimes, alors que c'est 8 millions d'euros par an dans les autres départements de France", poursuit-elle.

Le département se situe derrière Le Gard (59,9 millions d'euros) et devant Le Var (53,8 millions d'euros) et l'Hérault (42,3 millions d'euros). Ces chiffres sont importants pour les Alpes-Maritimes, d'autant qu'ils excluent les dégâts de la tempête Alex.