Alpes du Sud: manifestations anti-loup à Digne-les-Bains et à Gap

Les éleveurs des Alpes du Sud se mobilisent. Une quinzaine d'agriculteurs ont déposé ce vendredi matin 1200 bougies, devant la préfecture de Digne-les-Bains, "pour les 1200 brebis qui sont mortes à cause de la prédation sur l'année", explique à BFM DICI Margot Mégis, présidente des jeunes agriculteurs Alpes-de-Haute-Provence.
"Le plan loup ne va pas du tout"
Les agriculteurs font entendre leur colère, notamment contre le plan loup, mis en place par le gouvernement. Pour Benjamin, éleveur et membre des jeunes agriculteurs des Alpes-de-Haute-Provence, "le plan loup ne va pas du tout". Il pointe du doigt l'impossibilité pour un lieutenant de louveterie d'intervenir.
"Le fait est que la préfète demande des dérogations pour qu'on puisse avoir des tirs de défense renforcés, pour faire intervenir des lieutenants de louveterie sur du tir de défense simple, explique-t-il. Le plan loup actuel fait que sur du tir de défense simple, le lieutenant de louveterie ne peut plus intervenir."
Les éleveurs dénoncent la multiplication des attaques sur leurs troupeaux. En effet, le département des Alpes-de-Haute-Provence est le deuxième département le plus touché de France. Et ces attaques ont forcément un impact sur l'activité des éleveurs.
"C'est une perte de coût bien sûr (...) c'est entre 8 et 12 mois de travail, pour faire un agneau, témoigne Julien Giraud, éleveur à Valensole, qui a perdu récemment des bêtes dans une attaque. Et là, il est perdu. Alors quand c'est un agneau comme ça, ça fait mal au cœur, mais bon c'est qu'un agneau. Et quand c'est sur des grosses attaques de 15, 20 bêtes, ça vous anéantit quoi."
200 personnes à Gap
À Gap, environ 200 personnes se sont également rassemblées ce vendredi matin, devant la préfecture des Hautes-Alpes. Assis sur des tabourets et corde au cou, les éleveurs protestaient eux aussi contre la prédation.
Ils se sont symboliquement pendus à l'aide de cordes aux grilles de la préfecture pour exprimer leur exaspération et la "précarité de leur situation", raconte l'AFP. Ils n'ont pas choisi des bougies, mais des silhouettes de brebis imprimées sur le bitume, pour représenter "chaque victime de la prédation".
"Trouver d'autres nouvelles solutions"
Sur le plateau de BFM DICI, plusieurs élus se sont succédés ces derniers mois pour alerter sur la situation. Récemment, Christian Durand, maire de Chorges, appelait à "trouver d'autres nouvelles solutions", car la situation "devient intenable pour les éleveurs".
Cette situation, Sandrine Andrieux, porte-parole de Ferus, association pour la défense et la sauvegarde des grands prédateurs, en a bien conscience: "le loup, ce n'est pas facile à vivre".
"Mais la France ne peut pas avoir de beaux discours au congrès de l’Union internationale de conservation de la nature (UICN), pour dire la biodiversité est en train de s'éroder et ne pas faire attention à sa propre diversité", ajoute-t-elle.













