Alpes-de-Haute-Provence: une première injection d'hydrogène sur le site de Géométhane à Manosque
Le camion transportant l'hydrogène le 13 juin 2024 à Géométhane. - BFM DICI
L'opération semble simple pourtant il n'en est rien. Ce jeudi 13 juin, un camion a transporté environ 350 kilos d'hydrogène ayant pour vocation d'être injecté dans une des cavités salines du site de Géométhane, expert du stockage de gaz naturel, à Manosque (Alpes-de-Haute-Provence) afin d'en étudier le comportement.
Il s'agit d'un premier test essentiel, selon Jean-Michel Noé, président de Géométhane. "Aujourd'hui on fait un essai pilote d'injection d'hydrogène dans notre système de gaz naturel, c'est une première au niveau du territoire et certainement au national", avance-t-il à BFM DICI.
Après avoir été acheminé jusqu'à un puits de stockage de gaz naturel, l'hydrogène va rester en observation pendant plusieurs semaines. Ensuite, "on va en extraire le gaz et regarder comment l'hydrogène revient", explique le président de l'entreprise.
"Gagner en expérience"
L'opération a plusieurs objectifs: "on va regarder toutes les connexions en surface comme par exemple le camion qui arrive est à 350 bars, nos lignes ont des pressions beaucoup plus faibles, il faut que tout puisse se connecter en toute sécurité et voir ensuite comment ça va se comporter au niveau du puits, mais aussi comment l'hydrogène dans la cavité va se mélanger et comment on va récupérer l'hydrogène".
"Les équipes qui travaillent ici connaissent le gaz naturel c'est leur métier mais l'hydrogène c'est nouveau donc il faut aussi qu'on en tire un enseignement et gagner en expérience", ajoute-t-il.
Une trentaine de personnes travaillent en permanence sur le site manosquin qui permet de stocker de grandes quantités de gaz naturel, équivalentes à deux tiers de la consommation de la ville de Marseille.
Une étape vers l'objectif final
Mais l'essai qui a débuté ce jeudi n'est qu'une marche vers l'objectif final, comme le précise Jean-Michel Noé: "On va enchaîner toute une série de choses. D'abord on a été retenu au niveau européen pour réaliser un démonstrateur à grande échelle de stockage d'hydrogène en souterrain (soit une centaine de tonnes). Le but est que ça serve de référence pour de l'essaimage au niveau de l'Europe pour que d'autres projets puissent émerger."
Sur le territoire manosquin, tout le monde se souvient du projet HyGreen lancé il y a quelques années. Si ce dernier a quelque peu évolué, il reste d'une importance capitale localement.
"Le projet à HyGreen représentera des milliers de tonnes, le projet comporte trois volets à savoir la production d'hydrogène et il faut qu'elle soit sur le territoire et elle sera assurée par Engie", précise le président de Géométhane.
Une mise en service du projet GéoH2 en 2030
"L'hydrogène sera stocké sur Géomethane, c'est ce qu'on appelle le projet GeoH2, et puis il y aura une canalisation de transport entre Manosque et le bassin Marseille Fos. L'objectif est une mise en service en 2030. Le projet permettra une accélération de la décarbonation de l'industrie et c'est aussi pour accélérer le passage à l'hydrogène de la mobilité lourde" poursuit-il.
Si ce projet se veut ambitieux, il possède de nombreux soutiens. "Le gros atout de ce projet qui est perçu au niveau européen comme au niveau national, c'est la flexibilité qu'on apporte au système électrique. Il est de plus en plus sollicité, l'énergie renouvelable n'est pas prévisible. En ce qui concerne le nucléaire on ne peut pas moduler une production de centrale en permanence. Donc le moyen pour donner de la flexibilité au système électrique c'est la production d'hydrogène", estime Jean-Michel Noé.
Après la première étape réalisée ce jeudi, les prochaines devraient rapidement se succéder.













