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Le diesel de nouveau dans le viseur du gouvernement

BFM Business Julien Bonnet avec AFP , Journaliste BFM Auto
Barbara Pompili

Barbara Pompili - PATRICK KOVARIK / AFP

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La prime à la conversion ne permettra plus d'acquérir de modèles diesel dès le 1er janvier 2021, a rappelé la ministre de la Transition écologique Barbara Pompili. La CFE-CGC Métallurgie réclame de son côté une "trajectoire claire" et un "rythme de changements" sur plusieurs années.

Réduire encore la part du diesel dans les ventes de véhicules neufs en France: c'est l'objectif clairement affiché par la ministre de la Transition écologique.

"A compter du 1er janvier 2021, la prime à la conversion sera réservée aux véhicules les moins polluants et ne concernera plus les modèles diesel. C'est une question de cohérence de notre politique de lutte contre la pollution de l’air", a rappelé ce lundi Barbara Pompili dans un tweet.

Le dispositif de la prime à la conversion permet de disposer d'une aide financière pour l'achat d'un véhicule récent, neuf ou d'occasion, contre la mise à la casse d'un modèle ancien. La possibilité de s'appliquer à un achat de diesel reste toutefois limitée. Depuis le 3 août dernier et la fin des 200.000 primes "exceptionnelles" du plan de relance automobile, les aides sont de nouveau réservés aux ménages les plus modestes, à l'exception des modèles électriques. Les modèles diesel éligibles en occasion doivent avoir été immatriculés pour la première fois après le 1er septembre 2019.

La CFE-CGC Métallurgie demande une "trajectoire claire"

Ce contexte "anti-diesel" inquiète notamment la CFE-CGC Métallurgie. Le syndicat a demandé ce mardi au gouvernement de la "cohérence et de la constance sur la question du diesel".

"Le secteur automobile vit actuellement des changements réglementaires et fiscaux extrêmement rapides, or fabriquer et concevoir un véhicule demande trois à cinq ans", souligne la CFE-CGC Métallurgie dans un communiqué.

Pour qu'il soit "humainement possible" à la filière automobile de s'adapter, la CFE-CGC Métallurgie "demande que le rythme (des) changements soit de trois à cinq ans et non pas annuel, voire trimestriel, ni dans un ordre dispersé, et que ces changements soient cohérents entre les différentes composantes de l'État".

Exclure les véhicules diesel de la prime à la conversion "ne peut que fragiliser encore plus une filière automobile qui travaille d'arrache-pied à la transition énergétique, malgré toutes les difficultés liées au Covid-19", prévient le syndicat, en notant que les entreprises du secteur "sont déjà en train de négocier un certain nombre d'accords de compétitivité suite à l'effondrement du marché".

"La transition énergétique est une question écologique majeure, mais pour réussir, et en particulier dans la filière automobile, elle doit se faire de façon compatible avec les délais de développement de la filière", estime le syndicat.

Selon la CFE-CGC Métallurgie, "la baisse du diesel impacte 35.000 emplois dans la filière automobile" hexagonale, "des emplois localisés en France et indispensables aux territoires et à leurs tissus économiques locaux". Pour "sauvegarder" ces emplois, les salariés doivent acquérir de "nouvelles compétences" et "cette acquisition ne peut réussir que sur la base d'un contexte réglementaire stable et cohérent", insiste le syndicat.