Autoroutes: le PDG de Vinci plaide pour des durées de concession plus courtes à l'avenir

Comment va évoluer la gestion des autoroutes à l'issue des concessions en cours? Le PDG de Vinci, Xavier Huillard, est revenu sur les récentes déclarations de l'agence de régulations des transports (ART) à ce sujet. "Elle a confirmé que le modèle de la concession est très vertueux et qu'il faudrait des concessions de durée plus courtes. Les futures concessions seront plus courtes car l'essentiel des investissements auront été faits", a-t-il estimé. De quoi susciter l'intérêt du groupe alors que la première fin de concession surviendra dans un peu moins de dix ans, en 2032.
"Si on est dans une compétition relative à l’obtention d’une concession d’une plus courte durée, nous serons candidats, a indiqué Xavier Huillard. L’autre formule serait que l’Etat les gère lui-même et dans cette hypothèse, nous serions hors-jeu."
Le patron de Vinci a également évoqué la rentabilité des concessions d'autoroutes souvent pointée du doigt en invoquant l'ART comme juge de paix. "En dépit de nos efforts de pédagogie, le modèle de la concession est mal compris. La rentabilité est à la hauteur des investissements qui ont été faits à l’origine. Le législateur a confié une mission à l’ART qui consiste à faire le point régulièrement sur les taux de rentabilité interne et ces TRI sont raisonnables, autour de 7-8%."
La décarbonation, principal enjeu des autoroutes françaises
Xavier Huillard a profité de son intervention pour rappeler ce qui constitue, à son sens, la problématique majeure des autoroutes françaises pour les années à venir: la décarbonation: "Le vrai problème de ces autoroutes est que la France ne respectera pas ses engagements de décarbonations à l’horizon 2050 sans faire de gestes très forts sur les autoroutes. Nous essayons de faire des choses mais le gros des investissements reste à faire."
Parmi ces dispositifs entrepris, le patron de Vinci cite la "renaturation" des zones qui ont été abusivement artificialisées, l'amélioration de la transparence hydraulique des différents réseaux mais surtout l'installation des bornes de recharge électrique. "A mi-2023, nous aurons installé des bornes ultra rapides sur l'ensemble de nos aires de services, nous en aurons en tout 1750 dont 1400 ultra rapides. Cela permet de satisfaire la demande qu’il y aura entre aujourd’hui et les 2-3 prochaines années."
"On a sans doute besoin de multiplier cet effort par plus que 10 si on suit les évolutions de nos clients d’autoroutes qui auront besoin de se recharger sur l’autoroute."












