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Une entreprise alsacienne veut sauver un milliard d’abeilles grâce à des ruches connectées

BFM Alsace Cécile Mootz et Matthieu Chanvillard avec Laurène Rocheteau
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Le système permet d'obtenir en temps réel les données d'une ruche et de les transmettre à la fois aux apiculteurs, mais aussi aux chercheurs pour analyser et préserver l'environnement des abeilles.

Sauver les abeilles grâce à la technologie, c’est l’objectif de la start-up Tech4Gaia, basée en Alsace. Il y a quatre ans, l’entreprise a mis en place Noehmi, un dispositif connecté qui permet de recueillir en temps réel les informations d’une ruche. Le but de la start-up: sauver un milliard d’abeilles.

Température, humidité, activité… Toutes les données sont envoyées sur une application, qui permet aux apiculteurs de surveiller la santé de leurs ruches, mais qui donne aussi aux chercheurs un accès à des informations environnementales.

"La ruche, c’est une boîte noire", explique au micro de BFM Alsace Bernard Bender, un apiculteur qui a fait appel à la technologie de la start-up. "Et celui qui s’en occupe, s’il ne comprend pas ce qui se passe dedans, il ne peut pas aider les abeilles."

Un système pour analyser l’environnement des abeilles

Le principe: des capteurs installés sur le côté de chaque ruche, ainsi qu’une sonde qui mesure la température et l’humidité. Tout est calculé à la minute et au degré près. "Là, on voit la température intérieure en bleu, la température extérieure en rouge", explique Bernard Bender en pointant un graphique sur l’écran de sa tablette. "On voit que la colonie régule bien la température."

Ces données permettent d’identifier les problèmes auxquels une colonie peut être confrontée.

"Par exemple, est-ce qu’il y a un problème de nourriture? Est-ce qu’il y a un problème de manque de population? Parce qu’en hiver, il faut un minimum d’abeilles pour pouvoir passer l’hiver."

Le dispositif est pour le moment utilisé par les apiculteurs qui possèdent des ruches, mais aussi par les collectivités chargées de préserver leur écosystème. Les données enregistrées concernent des abeilles "domestiques", qui ne représentent que 5% de la population totale d’abeilles. Mais ce système doit toutefois permettre de préserver l’ensemble des pollinisateurs.

Car les informations recueillies auprès des ruches sont couplées avec celles de l’environnement dans lequel les abeilles évoluent, "qui est également monitoré", explique Farid Maniani, fondateur de Tech4Gaia.

"Grâce à l’intelligence artificielle, on va être en mesure de dire: Regardez, sur votre territoire, est-ce que ce sont les pesticides, comme on le croit souvent, alors que ce n’est pas forcément le cas, qui posent problème sur la mortalité des abeilles? Est-ce que c’est plutôt le manque de ressources alimentaires?"

Sur son site, Tech4Gaia indique venir être déjà venue en aide à une dizaine d’apiculteurs, et avoir sauvé plus de 450.000 abeilles. Une quarantaine de ruches connectées doivent d’ailleurs être installées sur le Grand Est d’ici la fin de l’été.