Disparition de Lina: la nonagénaire victime d'une agression par le principal suspect témoigne

"Je ne l'ai pas vu". Le 25 août 2023, à Besançon (Doubs), Monique Curie, nonagénaire, a été violemment agressée par le principal suspect dans l'affaire de la disparition de Lina, adolescente de 15 ans disparue le 23 septembre dernier à Plaine dans le Bas-Rhin. Cet homme, âgé de 43 ans, s'est suicidé le 10 juillet dernier.
Le 25 août 2023, la nonagénaire rentrait chez elle lorsqu'elle a senti un homme tenter de lui arracher son sac. Elle a accepté de revenir sur cette agression au micro de BFMTV ce jeudi 1er août.
"Mon bras s'est cassé en tombant"
Il est environ 15 heures le vendredi 25 août 2023. Monique Curie se rend à la poste. "J'allais expédier un paquet à trois heures de l'après-midi", se rappelle-t-elle. "Après, je rencontre une dame que je connaissais sur le trottoir, avec laquelle j'ai discuté", ajoute la nonagénaire.
Puis vient le temps de rentrer chez elle. "Je remontais ma rue tranquillement et tout d'un coup, je sens qu'on m'arrache mon sac", se souvient difficilement Monique. La victime ne se laisse pas faire et tente de garder son sac.
"Je l'ai retenu puis il m'a traîné. Ensuite, je suis tombé sur mes genoux, il l'a tiré sur le trottoir il me tirait encore et il m'a fait retomber sur mon bras, qui s'est cassé. Et après il a pris mon sac et il s'est enfui ", explique-t-elle au micro de BFMTV.
Très rapidement, les voisins sont alertés par les cris de Monique. "Les gens m'ont entendu crier et ont tout de suite appelé la police. Mais il s'est sauvé et ils l'ont vu courir, mais le temps qu'ils descendent, ils auraient rien pu faire", admet-elle.
Appelée par la police il y a quinze jours
Interrogée sur le fait d'avoir senti ou craint une présence suspecte derrière elle, Monique Curie le réfute. Sur le coup, elle n'a même pas pu voir son agresseur.
"Je ne le connaissais pas, il est passé en vitesse et c'est tout. Je ne l'ai pas vu", reconnaît-elle.
Hospitalisée par la suite, elle reçoit alors le soutien de sa famille et part vivre quelques semaines chez sa fille en Suisse. Après son agression, le suspect n'est pas retrouvé par la police. Pendant de longs mois, Monique Curie n'a aucune nouvelle de l'avancée de l'enquête. "Je n'ai jamais su qui c'était, personne n'a su", confie-t-elle.
Elle a finalement été appelée par la police il y a 15 jours. "Ils m'ont dit 'on a des informations sur votre gars, il va y avoir un procès on vous préviendra'. Après on m'a plus prévenu puisqu'il est mort", explique Monique.
"C'est catastrophique"
Interrogée sur l'affaire Lina et l'apparition du nom de son agresseur en tant que suspect, Monique Curie dit "plaindre" les parents de l'adolescente.
"Je me mets à la place de ces parents qui n'ont plus de nouvelles de leur fille. C'est catastrophique, moi ce n'était rien par rapport à ça", souligne la nonagénaire.
Pour le moment, les dernières recherches menées dans les Vosges pour tenter de retrouver Lina restent infructueuses. Les nombreux gendarmes continuent de sillonner la zone où a borné la voiture volée dans laquelle l'ADN de l'adolescente a été retrouvé.
Le suspect principal, mort le 10 juillet dernier et habitant de Besançon était connu des services de police. Après le vol avec violence sur Monique Curie, il avait ensuite braqué une supérette avec un couteau et emporté le fond de caisse. L'homme avait également été interpellé début janvier 2024 pour refus d'obtempérer, conduite sous stupéfiant et conduite d'un véhicule volé.













