Bas-Rhin: un ancien entraîneur de basket condamné à 14 ans de prison pour viols et agressions sexuelles sur mineures

La balance de la justice, au tribunal de Rennes, le 19 mai 2015 - DAMIEN MEYER / AFP
Jugé pour viols, agressions sexuelles et atteinte sexuelle sur quatre mineures qu'il encadrait, un ancien entraîneur de basket a été condamné à 14 ans de prison ce mercredi 3 juillet. Il a reconnu une "responsabilité",devant la cour criminelle du Bas-Rhin, tout en maintenant qu'elles étaient "consentantes".
"Je suis totalement responsable", a déclaré l'homme aujourd'hui âgé de 34 ans au début de son interrogatoire.
Mais s'il a reconnu des relations sexuelles qui "n'auraient pas dû se produire" avec ces joueuses vierges et âgées de 13 et 14 ans au début des faits, il a toutefois répété qu'elles étaient "consentantes".
"Je tombais amoureux facilement"
"Je pensais à chaque fois qu'elles étaient consentantes", a-t-il assuré à la cour criminelle, suggérant qu'elles ont "pu changer d'avis" par la suite. Interrogé par le président de la cour Antoine Giessenhoffer sur le témoignage de l'une d'elles qui a raconté mardi avoir "pleuré pendant tout l'acte", avoir "saigné" et lui avoir "dit plusieurs fois qu'(elle) ne voulai(t) pas", l'accusé a répondu: "Ca n'a jamais eu lieu".
"Elle se trompe", a assuré le trentenaire au casier judiciaire vierge, qui comparaissait libre et encourait 20 ans de réclusion criminelle. Selon lui, chaque acte sexuel s'est déroulé dans le cadre d'une relation amoureuse.
"Je tombais amoureux facilement", a-t-il déclaré, "un mot gentil, un geste tendre suffisait", a ajouté l'homme qui se dit complexé par un bec-de-lièvre qui lui a valu des moqueries dans son enfance. Il a cependant admis que "ce sont des situations qui n'auraient jamais dû se passer".
"Je me suis rendu compte de ma place d'entraîneur et de ce que ça pouvait représenter pour les filles", a assuré l'accusé. "A l'époque je ne pouvais pas le voir."
Des victimes au profil psychologique fragile
Les faits se sont déroulés entre 2015 et 2021, majoritairement à son domicile. Mardi, les quatre jeunes filles aujourd'hui majeures ont décrit un homme qui s'était progressivement rapproché d'elles, devenant leur confident.
A l'époque, certaines étaient particulièrement fragiles, l'une souffrant du divorce de ses parents, l'autre de la maladie de sa grand-mère, une troisième de problèmes au collège. Il les invitait chez lui et les incitait à le rejoindre dans son canapé ou son lit au prétexte de regarder un film.
"C'est un piège relationnel dont il est très difficile de percevoir l'engrenage", a expliqué mercredi la psychologue clinicienne Valérie Ritzenthaler.
Trois jeunes filles jouaient dans un club de basket de Duttlenheim (Bas-Rhin), où il les entraînait. Une quatrième était membre d'un club de Bergerac, en Dordogne, où il a également exercé.
L'ex-coach est accusé de viols et agressions sexuelles sur trois d'entre elles et atteinte sexuelle sur une quatrième qui avait affirmé qu'elle était consentante. Mardi, elle a toutefois déclaré à la cour qu'elle était "sous emprise".
"Il me répétait: 'Je suis sûr que tu es amoureuse de moi'". Je n'avais jamais été amoureuse, jamais eu de petit ami, je me suis dit qu'il avait peut-être raison", a-t-elle confié.
"Froideur émotionnelle"
Lors de la déposition des jeunes filles mardi, "vous ne les avez pas regardées un instant, vous n'avez parlé que de vous. Avez-vous compris la souffrance des victimes?", l'interroge l'avocat général, Eric Lallement. "Oui", lâche péniblement l'accusé.
Mercredi matin, quatre experts, deux psychiatres et deux psychologues, ont unanimement décrit sa "perversion". Pour le Dr Philippe Goetz, psychiatre, "il estime que c'était aux jeunes filles de poser des limites" et les considérait comme "interchangeables".
Le psychiatre a souligné son "égocentrisme", son "absence d'empathie", sa "froideur émotionnelle" et son "utilisation de l'autre pour obtenir des faveurs".
"Avez-vous conscience de votre perversité?" l'interroge l'avocat général. "Je veux travailler là-dessus", assure l'accusé. Aujourd'hui animateur dans un Ehpad (Établissement d'hébergement pour personnes âgées dépendantes) et dans un hôpital, l'accusé attend un enfant avec sa compagne, rencontrée en avril 2023.














